L’Agirc-Arrco rationnalise la gestion financière de ses réserves

À la demande des instances de l’Agirc-Arrco, une réflexion a été engagée avec les groupes de protection sociale (GPS) pour améliorer l’efficacité du modèle de gestion financière des 62,5 milliards de réserves. En décembre 2017, les conseils d’administration de l’Agirc et de l’Arrco ont validé de nouvelles dispositions, applicables depuis le 30 juin 2018. Philippe Goubeault, directeur financier de l’Agirc-Arrco, les présente.

Quelles sont les raisons qui ont conduit à la rénovation du modèle de gestion financière ?

P. G. : Dans le cadre du plan d’économies que s’est fixé l’Agirc-Arrco (600 millions d’euros entre 2014 et 2022), les instances ont jugé qu’un effort devait être demandé aux gestionnaires financiers. La nouvelle organisation de gestion financière répond à trois objectifs : optimiser le rendement d’une gestion essentiellement active, renforcer le contrôle des risques et réduire significativement le coût global de gestion.

Le choix s’est porté sur le maintien d’une gestion décentralisée plutôt que centralisée. Pour quels motifs ?

P. G. : Les instances ont souhaité conserver le principe d’une gestion décentralisée des réserves, pour respecter la logique de fédération intrinsèque à l’Agirc-Arrco. Les institutions de retraite (IRC) des groupes de protection sociale conservent leur société de gestion interne et gardent la possibilité de recourir à des sociétés de gestion externes. Cette nouvelle organisation est le fruit d’un travail communautaire associant les directions financières des GPS à celle des fédérations et les commissions financières.

Gestion décentralisée, mais engagements à respecter…

P. G. : Oui, une limitation du coût global de leur gestion financière leur est désormais imposée. Le plafond annuel est fixé à 13 points de base du total des fonds gérés, hors actifs illiquides (immobilier, private equity, etc.). Cette contrainte budgétaire doit encourager les institutions à prendre les mesures de simplification nécessaires, et notamment renégocier les prestations des sociétés de gestion pour générer des sources d’économies. Autres engagements, cette fois, en matière d’investissements socialement responsables : les investissements réalisés par les institutions doivent prendre en compte des critères environnementaux, sociaux et de qualité de gouvernance, conformément aux principes et modalités spécifiés par la réglementation financière de l’Agirc-Arrco.

Comment l’Agirc-Arrco s’assure-t-elle du suivi des engagements ?

P. G. : Pour une gestion en conformité avec la réglementation financière de l’Agirc-Arrco, l’organisation de la gestion financière des réserves Agirc-Arrco est formalisée par les IRC dans un mandat général soumis à l’agrément préalable de la Fédération. Ce mandat spécifie le rôle des différents intervenants de la gestion financière au sein du groupe (IRC, société de gestion interne, direction des investissements). Sur la base des reportings annuels et infra-annuels de gestion financière transmis par les institutions, la commission financière de la Fédération Agirc-Arrco analyse les performances et les coûts de la gestion de chacune d’elles et au niveau global des réserves des régimes. Les instances de la Fédération peuvent ainsi apprécier l’efficience de l’organisation et de la répartition des fonds techniques.

La concentration des métiers titres a permis d’en diviser le coût par trois. Comment y avez-vous réussi ?

P. G. : Dans un objectif de simplification administrative, par une réduction du nombre d’acteurs, il a été convenu, en accord avec les GPS, de regrouper chez un même prestataire les fonctions de dépositaire, conservateur, comptable-valorisateur, pour l’ensemble des actifs financiers de l’Agirc-Arrco. Là encore, il appartient à chaque IRC de choisir son prestataire, mais cette fois, parmi deux sociétés proposées : BPSS et CACEIS, retenues à la suite d’un processus de consultation lancé fin 2017. Cette opération permet d’abaisser les frais de gestion d’environ 1,7 point de base – soit 12 millions d’euros en année pleine sur la base de l’encours au 31 décembre 2017. Actuellement, les frais se montent à 17 millions d’euros, soit 2,7 points de base.

CALENDRIER

30 juin2018

Mise en application des dispositions de l’instruction relative à l’organisation de la gestion financière.

Octobre-novembre 2018

Fin de la mise en place de la nouvelle organisation par les GPS.

31 décembre 2018

Date butoir pour le respect de l’engagement de limitation du coût global de la gestion financière.