2019-2022 : une action sociale plus accessible et plus efficiente

Pionnier sur ces positionnements, l’Agirc-Arrco approfondit dans sa nouvelle feuille de route de l’action sociale, pour la période 2019-2022, les quatre priorités engagées entre 2014 et 2018 : agir pour bien vieillir ; soutenir et accompagner les proches aidants ; accompagner l’avancée en âge et la perte d’autonomie ; soutenir le retour à l’emploi des actifs les plus fragiles. Dotée d’un budget moyen de plus de 330 millions d’euros en 2019, l’action sociale de l’Agirc-Arrco entend renforcer sa lisibilité, son accessibilité, et développer le socle commun d’actions, en fédérant toutes les Institutions de Retraite Complémentaire.

Le contexte

Le rapport Libault sur la concertation nationale « grand âge et autonomie », remis le 28 mars au gouvernement, est en phase avec le positionnement pionnier de l’Agirc-Arrco. Les orientations prioritaires adoptées par le conseil d’administration en décembre illustrent concrètement les enjeux et les besoins d’aujourd’hui. Ces orientations, comme les précédentes, s’ancrent dans une vision solidaire et intergénérationnelle : l’action sociale privilégie une approche globale couvrant les besoins médico-socio-psychologiques.

1/ Encore plus d’efficience, d’innovation, de cohérence et de lisibilité

« Parce que les besoins sociaux n’ont pas fondamentalement évolué, notre feuille de route 2019-2022 conserve les mêmes priorités : bien-vieillir, aide aux aidants, accompagnement de la perte d’autonomie et soutien aux actifs fragilisés. Sur ces quatre problématiques, nous renforçerons tout ce qui fait notre spécificité et notre efficience », souligne Anne Saint-Laurent, directrice de l’action sociale Agirc-Arrco.

La feuille de route réaffirme ainsi un premier principe fondamental : garantir à tous nos ressortissants, partout et à tout âge, un même accès à nos services d’action sociale. Dans cette optique, elle organise une montée en puissance des actions mutualisées et partagées entre Institutions de Retraite Complémentaire (IRC), bénéficiant à tous les assurés, quel que soit leur organisme d’affiliation. « L’objectif est de consacrer 50 % de nos ressources au socle commun (1), à l’horizon 2022, contre 15 % aujourd’hui », précise Anne Saint-Laurent. Déclinés sur tous les territoires, au plus près de la population, ces services augmenteront la lisibilité et l’homogénéité de l’offre Agirc-Arrco.

Construire ensemble pour mieux accompagner

Les nouvelles orientations visent également une plus grande efficience, au travers notamment d’un enrichissement de l’outil de pilotage. « Nous déployons des indicateurs plus complets et précis – mesurant la réalisation, le résultat et l’impact de nos actions dans chaque domaine – avec pour effet une meilleure réactivité, la diffusion plus rapide de bonnes pratiques ou de plans correctifs », explique Anne Saint-Laurent.

La feuille de route 2019-2022 consolide un troisième principe : la complémentarité entre l’action menée par l’Agirc-Arrco et celle des autres acteurs du champ social (associations, collectivités, organismes de retraite et d’emploi...). « L’ambition est ici de s’articuler avec un nombre croissant de partenaires au sein de projets et de services figurant au cœur de nos priorités, à l’exemple des centres de prévention Bien Vieillir Agirc-Arrco », indique Anne Saint-Laurent.

Enfin la communauté Agirc-Arrco entend s’appuyer sur sa capacité d’innovation pour accroître la portée de ses dispositifs de soutien, grâce à la mise en œuvre de nouvelles solutions digitales. Ou comment mettre l’action sociale 3.0 au service du plus grand nombre !

(1) Le socle commun comprend les actions partagées (pilotées par chaque IRC pour son compte, selon des plans prédéfinis et suivis au travers d’indicateurs communs) et les actions mutualisées (financées en commun et mises en œuvre par une ou deux IRC pour le compte de toute la communauté Agirc-Arrco).

3 questions à

Anne Saint-Laurent, directrice de l’action sociale Agirc-Arrco

« Une démarche à 360° »

La feuille de route 2019-2022 renforce les atouts distinctifs de l’action sociale Agirc-Arrco. Quel est selon vous le premier de ces atouts ?

Anne Saint-Laurent : Sans doute notre approche globale. Nos équipes cherchent à appréhender l’ensemble des besoins d’une personne (santé, social, psychologique...) pour mieux l’accompagner. Notre soutien n’est pas « saucissonné ».

Auriez-vous un exemple ?

A. S.-L. : Nous accompagnons ainsi les personnes en perte d’autonomie, mais aussi leurs aidants, qui peuvent être épuisés ou isolés. L’action sociale est d’autant plus efficace qu’elle prend en compte tout l’environnement.

Comment accentuer cette différence ?

A. S.-L. : Dans le cadre de la nouvelle feuille de route, nous allons construire un nouveau socle commun – actions partagées ou mutualisées entre les IRC – pour optimiser l’efficience de nos dispositifs, développer les partenariats. L’enjeu est parallèlement d’accroître la lisibilité de notre offre, auprès des assurés comme au sein du nouveau régime unifié Agirc-Arrco et de l’inter-régime. Cela passe notamment par une évolution de nos modes de coopération avec les partenaires et un investissement dans les services digitaux.

2/ Agir pour bien vieillir, soutenir et accompagner les proches aidants

Première orientation prioritaire de l’action sociale 2019-2022, le bien-vieillir repose sur un principe fondamental : la prévention primaire, réduisant en amont le risque d’apparition d’une maladie ou d’une invalidité.

« Depuis plusieurs décennies, nous mettons en œuvre une approche globale de la personne, qui appréhende aussi bien sa santé que son état psychologique, ses liens sociaux et familiaux. Dans les quatre ans à venir, nous allons déployer plus largement cette démarche, sur laquelle notre expertise est désormais reconnue », explique Anne Saint-Laurent, directrice de l’action sociale Agirc-Arrco.

Développer le dispositif bien vieillir

Parmi les principaux outils de prévention primaire, les centres de prévention Bien Vieillir proposent aux ressortissants de l’Agirc-Arrco ainsi qu’à leurs conjoints et aidants à partir de 50 ans un bilan médical, un entretien avec un psychologue et une analyse de la situation sociale et des habitudes de vie. En fonction des facteurs de risque identifiés, chacun peut ensuite bénéficier d’ateliers de prévention, parmi un large éventail de sujets associés au bien-vieillir : mémoire, audition, gestion du stress, sommeil, activités physiques, aide à l’aidant... « Tout est lié. Un jeune retraité isolé passera peut-être plus de temps devant la télévision, au détriment de son sommeil ou de son activité physique, donc de sa santé. C’est pourquoi nous abordons les besoins dans leur ensemble, et veillons aussi à la dynamique collective créée par les ateliers », souligne éva Almeida-Bernard, médecin coordinateur des centres de prévention Bien Vieillir Agirc-Arrco.

Pour élargir l’accès à cette prestation, l’Agirc-Arrco prévoit notamment, dans sa nouvelle feuille de route, le renforcement de ses partenariats avec les acteurs sociaux et territoriaux. À l’image de l’accord-cadre signé avec la Fédération des centres sociaux de France, en janvier 2018, qui vise entre autres à rendre accessibles les centres de prévention Bien Vieillir auprès des personnes les plus fragilisées. La communauté Agirc-Arrco s’appuie également sur les conférences des financeurs, qui réunissent dans chaque département tous les organismes engagés dans la prévention de la perte d’autonomie. « Au travers de partenariats locaux, nous souhaitons ouvrir nos centres de prévention à de nouveaux publics, mieux couvrir les territoires ruraux et augmenter le nombre de bénéficiaires », indique Anne Saint-Laurent.

Apporter la bonne réponse au bon moment

Pour la période 2019-2022, l’Agirc-Arrco a renforcé une deuxième orientation prioritaire : soutenir les proches aidants. En France, ils sont plus de 8 millions à se consacrer à un proche en perte d’autonomie. « Certains peuvent s’en trouver isolés, épuisés. C’est pourquoi, depuis quinze ans, nos dispositifs d’accompagnement des personnes âgées incluent systématiquement les aidants. Les deux sont indissociables », rappelle Anne Saint-Laurent.

La nouvelle feuille de route enrichit cette démarche, au travers d’un premier objectif : développer les services et outils digitaux pour mieux identifier, informer et suivre les aidants. « Par exemple, nous avons lancé un test en ligne, “Quel Fred êtes-vous ?”, qui nous a permis d’entrer en contact avec 20000 aidants. Le digital décuple la visibilité et l’accessibilité de notre action », souligne Isabelle Blaevoet, directrice Innovations sociales chez Malakoff Médéric Humanis.

Deuxième engagement pris pour 2019-2022 : étoffer les dispositifs existants avec des services personnalisés, au plus près des aidants et de leurs problématiques du moment. Par exemple, l’Agirc-Arrco étudie la possibilité d’apporter un soutien psychologique dans le cadre d’ORIZEA. Les conseillers ORIZEA accompagnent l’aidant et l’aidé dans l’évaluation de leurs besoins, le choix d’une solution d’hébergement et les démarches d’admission, quand le « rester à domicile » n’est plus possible. Enfin, l’Agirc-Arrco souhaite augmenter la portée de certaines solutions pionnières, comme Vivre le Répit en Familles.

Cette structure, unique en France, associe village de vacances et centre médico-social pour permettre à l’aidant de se ressourcer, sans pour autant se séparer du proche aidé.

Innovation, proximité, sur-mesure : trois vertus cultivées pour une action sociale au service de tous, actifs et retraités.

3/ Accompagner l’avancée en âge en perte d’autonomie

Les plus de 75 ans devraient représenter 12,2 % de la population française en 2030 et 14,6 % en 2040, contre environ 9 % actuellement (1). Dans ce contexte de vieillissement démographique, l’action sociale de l’Agirc-Arrco s’est donné pour mission de prévenir et d’accompagner les ruptures liées à la perte d’autonomie. Une mission confortée par la feuille de route 2019-2022, avec un premier engagement : renforcer le dispositif de soutien à domicile, commun à l’ensemble de la communauté Agirc-Arrco, en augmentant de 30 % sur quatre ans le nombre des bénéficiaires. Ce dispositif s’articule aujourd’hui autour de trois solutions : Sortir Plus, qui met à la disposition des personnes âgées de plus de 75 ans un accompagnement pour le déplacement (courses, amis, coiffeur, loisirs...) ; Bien chez moi, qui fait bénéficier les plus de 75 ans des services d’un ergothérapeute réalisant un diagnostic complet du domicile et conseillant des aménagements pour s’y maintenir en toute sécurité ; enfin, l’aide à domicile momentanée, attribuée aux plus de 75 ans en cas de maladie, d’incapacité temporaire ou d’absence de l’aidant. Pour étendre la couverture de ces dispositifs, l’Agirc-Arrco prévoit l’enrichissement régulier de ses services digitaux pour les retraités et leurs aidants (voir aussi le témoignage d’Isabelle Blaevoet).

Devenir la référence pour les solutions d’hébergement

Parce que le soutien à domicile n’est pas toujours possible, les équipes sociales de l’Agirc-Arrco poursuivront également, sur la période 2019-2022, l’engagement pour des solutions d’hébergement diversifiées, de qualité et accessibles. En amont, elles ont lancé en 2018 un service, ORIZEA, pour conseiller la personne en perte d’autonomie et ses proches tout au long du cheminement délicat qui va de la prise de conscience au choix d’un établissement adapté à son état de santé, son budget et ses souhaits (se rapprocher de ses enfants, emmener un animal de compagnie...) jusqu’aux démarches d’admission.

Parallèlement à la montée en puissance de ce nouveau service – entièrement gratuit –, l’Agirc-Arrco continue de diversifier et d’amener son parc d’établissements médico-sociaux, qui compte aujourd’hui 87 activités et services sur 60 sites (EHPAD, résidences autonomie, établissements sanitaires, établissements dédiés aux personnes en situation de handicap), vers une offre de référence en ce qui concerne la responsabilité sociale de l’entreprise.

Depuis  2008, l’ensemble des structures et des équipes s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue, régulièrement auditée, qui vise les standards de qualité les plus élevés dans tous les domaines des soins : bientraitance (fondée sur les démarches Humanitude et Montessori), santé buccodentaire, prendre soin, approches non médicamenteuses, formation des équipes et adaptation des bâtiments aux déficits sensoriels et cognitifs... De même, tous les établissements sont engagés, depuis 2015, dans une politique de RSE à 360° accompagnée par un prestataire expert. Ils convergent ainsi vers les meilleures pratiques à tous les niveaux du développement durable, depuis les achats responsables jusqu’à la valorisation des déchets, en passant par l’efficacité énergétique, le bien-manger et le bien-être au travail.

Dans toutes ces initiatives, un même fil directeur : créer autour des aînés un environnement bientraitant, chaleureux, préservant le plus longtemps possible un maximum d’autonomie. l

(1) Source : Insee.

3 questions à

Fanny Prouvost, directrice de 3 établissements Agirc-Arrco : EHPAD Les Marronniers (Marcq-en-Barœul), EHPAD Le Bosquet (Haubourdin) et résidence autonomie Clairbois (Wasquehal)

Échanger les meilleures pratiques

Quels sont, pour les résidents, les bénéfices à vivre dans vos établissements ?

Fanny Prouvost : Nous nous sommes posé cette question : les résidents vivent-ils sur notre lieu de travail ou travaillons-nous sur le lieu de vie des résidents ? Ayant choisi la deuxième approche, nous avons « désinstitutionnalisé » nos EHPAD, en repensant les aménagements, pour que les résidents se sentent « comme à la maison ». Ceci implique une vigilance de tous les instants.

Quels sont vos autres atouts ?

F. P. : Comme tous les établissements Agirc-Arrco, nous mettons en œuvre, depuis dix ans, une démarche de « recherche-action » et de déploiement des actions les plus pertinentes, dans tous les domaines des soins et de la RSE : bientraitance, motricité, adaptation aux déficiences cognitives et sensorielles, santé buccodentaire, sommeil, alimentation...

Pourriez-vous citer quelques réalisations ?

F. P. : Je pourrais en citer beaucoup, depuis les boucles à induction magnétique pour améliorer le confort d’écoute des personnes appareillées jusqu’à la balnéothérapie pour la gestion du stress, en passant par nos ateliers différenciés, adaptés aux capacités cognitives de chacun... Chaque projet est porté par un référent interne, en lien permanent avec ses homologues dans d’autres établissements Agirc-Arrco pour échanger les meilleures pratiques.

4/ Soutenir le retour à l’emploi des actifs les plus fragiles

À la fin 2018, la France comptait 2,7 millions de chômeurs de longue durée, inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, contre 1,7 million en 1998. Face à cette détresse grandissante, l’Agirc-Arrco a développé une solution originale et efficace : les Espaces Emploi proposent aux demandeurs d’emploi de longue durée un accompagnement global, à la fois social, psychologique et professionnel, porté par une équipe pluridisciplinaire. « Il s’agit d’abord de lever les angoisses, les freins – endettement, problème de logement, isolement, perte d’estime de soi... – susceptibles de saper la recherche d’emploi, et de redonner à la personne toute confiance en sa valeur professionnelle. Au bout de quatre mois d’accompagnement, nous obtenons, à l’échelle nationale, 63 % d’issues positives, à savoir que les bénéficiaires ressortent avec un CDI, un CDD longue durée ou une formation diplômante », explique Nathalie Montméat, responsable de l’Espace Emploi de Lyon. Chaque année, près de trois milliers de personnes retrouvent un emploi grâce à cette démarche globale.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  •  Le 6 décembre 2018, l’Agirc-Arrco a adopté les orientations prioritaires de son action sociale pour la période 2019-2022.

  • Dotée d’un budget moyen de 330 millions d’euros en 2019, cette action se structure autour de quatre priorités : agir pour bien vieillir ; soutenir et accompagner les proches aidants ; accompagner l’avancée en âge et la perte d’autonomie ; soutenir le retour à l’emploi des actifs les plus fragiles.

  • Dans le cadre de sa nouvelle feuille de route, l’Agirc-Arrco développera les actions d’un socle commun renforcé, associant l’ensemble des Institutions de Retraite Complémentaire.

  • Les orientations prioritaires 2019-2022 confortent également la spécificité de notre action sociale, fondée sur la solidarité intergénérationnelle et sur une approche globale des besoins de chacun, qu’il soit actif ou retraité.

Prochain dossier :

Le contrat d’objectifs et de moyens 2019-2022