Numérique : la connexion des personnes âgées en net progrès

13 millions de Français ont des difficultés avec le numérique. Un chiffre en forte baisse, notamment chez les personnes âgées. Mais il existe encore un noyau dur de personnes non connectées. Une étude réalisée pour les Petits Frères des pauvres met en lumière cette réalité.

ll est désormais obligatoire de télédéclarer ses revenus. Finie la déclaration papier, tout se passe désormais sur Internet. Cette procédure suppose que tous les Français disposent d’une connexion Internet, du matériel nécessaire et qu’ils sachent utiliser ces nouveaux outils. Mais si, aujourd’hui, « l’illectronisme » est en net recul, une minorité encore importante de nos compatriotes, dont beaucoup de personnes âgées, n’est toujours pas connectée.

Les seniors, de plus en plus connectés

En dix ans, la population non connectée est passée de près de 50 % à moins de 20 %. Une dynamique dont les seniors ne sont pas absents : en 2008, 26 % des plus de 60 ans étaient connectés, ils sont 73 % aujourd’hui. Ce mouvement a toutefois du mal à toucher le grand âge. Au-delà de 70 ans, l’accès à Internet devient moins fréquent, surtout lorsque l’âge se conjugue avec d’autres facteurs discriminants. Faibles ressources, situation d’isolement géographique ou familial sont autant de facteurs qui favorisent l’exclusion numérique. Conséquence : encore trop de nos aînés se retrouvent en marge de la société, leur absence des réseaux numériques les isolant davantage.

Dématérialisation : un obstacle insurmontable ?

Cet isolement se renforce avec la dématérialisation de la société. De nombreuses démarches, notamment dans l’univers social (Sécurité sociale, CAF, CNAV…) se traitent en ligne. Paradoxe : les publics les plus affectés sont ceux qui dépendent le plus de ces services pour l’exercice de leurs droits élémentaires (économiques, sociaux, juridiques…). Les personnes âgées sont les premières exposées, alors même que l’étude montre qu’elles sont prêtes à adopter le numérique, dès lors qu’on les assiste, les accompagne ou les forme. Et qu’une fois lancées sur Internet, elles se connectent régulièrement – au moins une fois par jour pour 83 % des internautes de plus de 60 ans –, y compris pour les plus âgées (76 % des 85 ans et plus).

Des réponses existent

Trois actions aident les personnes âgées à acquérir les bases nécessaires à l’utilisation, même au minimum, des outils et services numériques (voir l’infographie).

L’assistance : c’est le coup de main donné par un membre de la famille, ami ou voisin, pour aider une personne âgée à remplir un formulaire ou passer une commande en ligne, à utiliser une application de messagerie instantanée. Solution de dépannage, l’assistance ne rend pas les personnes âgées autonomes face au numérique.

L’accompagnement : une association ou une institution propose un soutien aux personnes âgées, autour d’une démarche administrative par exemple, afin d’assurer leur autonomie. Comment remplir sa déclaration de revenus, établir une relation numérique avec sa caisse de retraite…

L’accompagnement a une vocation pédagogique, mais limitée souvent à une problématique particulière.

La formation : démarche d’apprentissage et de maîtrise des outils et services, la formation rend les personnes âgées autonomes en leur donnant des clés de compréhension et en leur apprenant les bonnes pratiques pour utiliser Internet.

Encore un effort !

Les inégalités se réduisent donc, et de moins en moins de personnes âgées restent sur le bord de la route numérique. Mais la minorité encore non connectée est la plus difficile à accompagner. l

Pour en savoir plus 

« L’exclusion numérique des personnes âgées », étude réalisée par CSA pour les Petits Frères des pauvres, financée par la Fondation des Petits Frères des pauvres, 27 septembre 2018.